La laïcité et à la démocratie est l'égalité des droits dans la richesse des différences; et non l'égalité des différences dans la diversité des droits. la démocratie repose sur le respect de la liberté de tous, qui implique que chacun se soumette aux modes d’une vie commune afin d’éviter de porter atteinte à la liberté que chacun exerce dans sa sphère privée. C’est ce qu’on appelle la laïcité. Or, il n’est guère possible d’envisager une démocratie sans laïcité
mercredi 7 mars 2012
vendredi 2 mars 2012
Qui du FFS ou du RCD magouille avec le DRS?
Sid Ahmed Ghozali : «Voter est une perte de temps»

Dans une sortie fracassante, l’ancien chef de gouvernement, Sid Ahmed Ghozali, en poste de 1990 à 1992, a appelé hier au boycott des élections législatives prévues le 10 mai, estimant que «le résultat est connu d’avance».
Dans un long entretien accordé au quotidien El Khabar, M. Ghozali s’est livré sans retenue, faisant de nombreuses révélations sur les événements de la période 1988-1992, mais aussi sur le régime, le chef de l’Etat et le FFS. Exprimant on ne peut plus clairement sa position vis-à-vis du prochain rendez-vous électoral, M. Ghozali a déclaré : «J’avertis les citoyens que l’affaire est ficelée, donc je les appelle à ne pas voter.» Et d’ajouter : «Voter est une perte de temps, car les résultats sont joués d’avance. Si les Algériens décident d’aller aux urnes, ils vont accorder une crédibilité à un régime qui ne leur a pas permis de choisir librement.»
Refusant de cautionner le régime et ses pratiques frauduleuses, l’ancien chef de gouvernement a annoncé ne pas renouveler le dossier pour l’agrément de son parti, le Front démocratique, révélant que c’est pour les mêmes raisons qu’il avait refusé auparavant l’idée du Rassemblement national démocratique (RND), un parti fabriqué de toutes pièces par le sérail en 1997, qui avait remporté les élections neuf mois seulement après sa création et dont la présidence lui avait été proposée en premier lieu, sans pour autant mentionner la partie ayant fait cette proposition.
Victoire légitime et indéniable du FIS
M. Ghozali est revenu sur l’arrêt du processus électoral en 1992, empêchant la victoire du Front islamique du salut (FIS) et provoquant la décennie noire : «Le peuple algérien avait donné la majorité au FIS, dont la victoire était sans aucun doute légitime, et personne ne peut le nier, mais la décision de l’arrêt du processus électoral était également légitime.» L’ancien chef de gouvernement a reproché au régime de n’avoir pas retenu les leçons du passé et qualifié le régime de «pire que le FIS», ajoutant que les résultats de ce dernier, s’il avait pris le pouvoir, n’auraient pas été pires que ceux du régime. Un régime qui avait trompé le chef du FFS, Hocine Aït Ahmed, en lui promettant 40% des voix et le poste de président du Parlement. Il n’avait obtenu que 9% des voix lors des fameuses législatives. M. Ghozali s’est exprimé à propos d’un autre parti politique, le FLN, révélant qu’il a toujours été dirigé par la police politique.
«Les membres du Comité central étaient désignés par les services de sécurité», l’ex-Sécurité militaire, devenue le DRS. Farouche opposant à la politique du président Abdelaziz Bouteflika, M. Ghozali n’a pas ménagé ce dernier, le qualifiant de «simple employé du régime». Un régime «déterminé à rester en place et à confisquer la volonté populaire». L’ancien chef de gouvernement, actuellement à la tête d’un parti non agréé, est ainsi la deuxième personnalité politique, après le chef du RCD, Saïd Sadi, à appeler au boycott des législatives du 10 mai, dont le taux de participation et le score des islamistes sont les principaux enjeux.
Refusant de cautionner le régime et ses pratiques frauduleuses, l’ancien chef de gouvernement a annoncé ne pas renouveler le dossier pour l’agrément de son parti, le Front démocratique, révélant que c’est pour les mêmes raisons qu’il avait refusé auparavant l’idée du Rassemblement national démocratique (RND), un parti fabriqué de toutes pièces par le sérail en 1997, qui avait remporté les élections neuf mois seulement après sa création et dont la présidence lui avait été proposée en premier lieu, sans pour autant mentionner la partie ayant fait cette proposition.
Victoire légitime et indéniable du FIS
M. Ghozali est revenu sur l’arrêt du processus électoral en 1992, empêchant la victoire du Front islamique du salut (FIS) et provoquant la décennie noire : «Le peuple algérien avait donné la majorité au FIS, dont la victoire était sans aucun doute légitime, et personne ne peut le nier, mais la décision de l’arrêt du processus électoral était également légitime.» L’ancien chef de gouvernement a reproché au régime de n’avoir pas retenu les leçons du passé et qualifié le régime de «pire que le FIS», ajoutant que les résultats de ce dernier, s’il avait pris le pouvoir, n’auraient pas été pires que ceux du régime. Un régime qui avait trompé le chef du FFS, Hocine Aït Ahmed, en lui promettant 40% des voix et le poste de président du Parlement. Il n’avait obtenu que 9% des voix lors des fameuses législatives. M. Ghozali s’est exprimé à propos d’un autre parti politique, le FLN, révélant qu’il a toujours été dirigé par la police politique.
«Les membres du Comité central étaient désignés par les services de sécurité», l’ex-Sécurité militaire, devenue le DRS. Farouche opposant à la politique du président Abdelaziz Bouteflika, M. Ghozali n’a pas ménagé ce dernier, le qualifiant de «simple employé du régime». Un régime «déterminé à rester en place et à confisquer la volonté populaire». L’ancien chef de gouvernement, actuellement à la tête d’un parti non agréé, est ainsi la deuxième personnalité politique, après le chef du RCD, Saïd Sadi, à appeler au boycott des législatives du 10 mai, dont le taux de participation et le score des islamistes sont les principaux enjeux.
Mehdia Belkadi
mercredi 29 février 2012
Pourquoi Malek Bennabi en voulait à Abane Ramdane
Salim Mesbah Elwatan
Assassiné par ses frères d’armes en décembre 1957,
Abane Ramdane continue de hanter la mémoire de la Révolution
algérienne
.
L’homme du Congrès de la Soummam a dû affronter l’anathème et le parjure. Le livre coup-de-poing, Ben
Bella-Kafi-Bennabi contre Abane (les raisons occultes contre la haine)* de
Belaïd Abane, qui sortira demain, répond à ceux qui ont voulu salir
sa mémoire et relativise plusieurs mythes, dont celui de la figure
Parmi les contempteurs de Abane, il y a
précisément Malek Bennabi. Ce
lilliputien de la Révolution algérienne, plein
d’une suffisance médisante, avait la rancune
particulièrement tenace. La première attaque
malveillante, tombée comme un couperet
sur Abane dix ans après l’indépendance,
venait en effet de cet intellectuel, islamiste
francophone, écartelé entre le «phénomène
coranique» et la douceur émolliente de la vie
provinciale française. Sans la moindre
preuve, Bennabi asséna :
«Georges Habbache dans le processus révolutionnaire
palestinien et Abane Ramdane dans le
processus algérien sont des erreurs
introduites de l’extérieur : des erreurs
induites.»
Qui était Malek Bennabi ? Il n’est pas
inutile d’évoquer quelques aspects de sa
vie et de son oeuvre afin de mieux
comprendre les ressorts intimes de la haine
qu’il portait aux dirigeants nationalistes
algériens et, tout particulièrement, à Abane.
Dans Dreux (France, ndlr) occupé, il se met
au service des Allemands. Il collabore avec
l’occupant comme responsable technique
municipal de la ville. Il est licencié quelques
mois plus tard. Au chômage, il choisit
d’aller travailler en Allemagne au début de
l’été 1942. En 1944, le vent tourne en faveur
des Alliés et Bennabi décide de rentrer en
France. A Dreux où il retrouve sa femme, il
se met au service de l’administration
capitularde de Vichy. Pas pour longtemps,
car il doit faire cette fois avec l’armée
américaine qui occupe la ville. Accusés de
collaboration avec l’occupant allemand,
1944 et internés au camp de Pithiviers. Ils
seront libérés au printemps 1945. Le couple
est arrêté pour la deuxième fois et incarcéré
à la prison de Chartres en octobre 1945.
L’accusation de collaboration avec l’ennemi
nazi est de nouveau retenue contre Bennabi.
Ce dernier est remis en liberté au printemps
1946. Le technicien eurélien aura passé en
tout 15 mois dans les geôles de la France
libre pour avoir collaboré…
… Jusqu’en 1954. Bennabi ne se réveilla
que pour publier, non pas un
encouragement à la Révolution
commençante, mais son contraire : un livre
décourageant et défaitiste où il traite de «la
prédisposition collective» des Algériens à
«l’asservissement colonial», ce que lui
reprochera sévèrement un Mostefa Lacheraf
indigné. Surfant sur l’actualité, Bennabi
publie, en 1955,
l’Afro-asiatisme.
Conclusions sur la conférence de Bandoeng
,
que les éditions du Seuil lui refusent. Début
1956, la Révolution prend son essor avec le
ralliement de l’UDMA, des Oulémas et
l’arrivée au Caire de Ferhat Abbas et de ses
amis à la fin de l’hiver 1956. C’est donc
sérieux, avait dû penser Bennabi, qui décide
de sauter le pas et de prendre le train de
l’histoire en marche. Il quitte alors les
berges de l’Eure pour les bords du Nil.
C’était en avril 1956. La table
révolutionnaire était mise. Et Bennabi,
invité impromptu, tenait à y prendre sa
place.
Le docteur Lamine Debaghine, chef de la
Délégation extérieure du FLN au Caire,
se méfie de l’accès soudain et inattendu de
patriotisme et
d’anticolonialisme de
ce nouveau venu,
inconnu au bataillon
du nationalisme
algérien. Il accepte
néanmoins de le
recevoir pour le tancer
vertement et repousser
ses avances en lui
reprochant d’être trop
longtemps resté
«en
dehors de la mêlée
… Vexé et aigri,
Bennabi n’aura de
cesse que de se venger
du docteur Lamine
auquel il vouera une
rancune et une aversion
tenaces. La direction exécrée, et Abane au premier chef. C’est en
effet ce dernier qui avait dépêché Lamine
Debaghine au Caire pour chapeauter les
délégués extérieurs, y compris Ahmed Ben
Bella, que le pouvoir égyptien avait pourtant
déjà intronisé comme «porte-parole de
l’Armée de libération nationale». Et comme
l’ennemi de l’ennemi peut facilement
devenir un ami, Bennabi offre ses services à
Ben Bella. Mais ce dernier est lui-même peu
enthousiaste de s’adjoindre un inconnu du
Mouvement national…
Il va faire des pieds et des mains pour se
trouver un nouveau sponsor. Il demande
un poste quelque part dans un pays
musulman «pour jouer un rôle dans la
Révolution». Le FLN, qui s’en méfie de plus
en plus, rejette sa demande et menace même
de lui suspendre sa «solde» pour l’amener à
modérer ses diatribes contre les dirigeants
dont aucun ne trouve grâce à ses yeux. Par
dépit et par opportunisme, il se jettera dans
les bras du pouvoir égyptien. Reniant les
Frères musulmans, sa mouvance naturelle,
parce qu’elle était la bête noire du pouvoir
nassérien, et donnant quelques gages de son
opposition au wahhabisme, l’ennemi
irréductible du nassérisme, Bennabi n’hésite
pas à se détourner de la Révolution pour se
mettre au service du Congrès musulman
sous la houlette d’un officier libre, Anouar
Sadate, son secrétaire général. Pour le FLN,
ce ralliement est un
casus belli. C’était
exactement ce qu’il ne fallait pas faire.
Pourquoi cet échec sur toute la ligne,
est-on tenté de s’interroger. En plus de
son exil prolongé en périphérie extrême du
Mouvement national, de son manque de
sens et de culture politiques, conjugués à un
égotisme démesuré, il est certain que son
prêche défaitiste sur la «colonisabilité» et le
«rôle nécessaire de la colonisation» avaient
valu à Bennabi sa mise à l’écart totale et
définitive des cercles dirigeants dans la
Révolution et, plus tard, dans l’Algérie
indépendante. La colonisabilité ! Voilà le
concept nébuleux qui l’a fait certes
connaître, mais a valu aussi à Bennabi, en
grande partie, son statut de pestiféré dans le
Mouvement de libération nationale. De quoi
s’agit-il ? Pour Bennabi, le problème,
l’urgence, ce n’était pas de mettre à bas le
colonialisme ; c’était plutôt de savoir
pourquoi la société algérienne avait été
colonisée. La question ne manque certes pas
de pertinence. C’est la réponse donnée par
Bennabi qui suscita l’indignation des
milieux dirigeants et des intellectuels
algériens. En faisant court, pour Bennabi, si
le peuple algérien a été colonisé c’est qu’il
l’avait cherché en se mettant dans la posture
de peuple colonisable. Il conclut même que
la colonisation était un «mal nécessaire».
Bennabi, était un
intellectuel sans attaches
avec le mouvement national
Comment un autodidacte comme Malek Bennabi, sans
formation politique, est-il devenu le gourou de certains
hommes politiques algériens ?
Toute une frange de l’islamisme politique, qui a toujours
refusé d’adopter l’islamisme radical, s’est portée sur ses
théories fumantes parce qu’il était francophone et qu’il
représentait un islamisme soft. C’est pour cela que dans les
années 1980, certains leaders politiques comme Noureddine
Boukrouh (fondateur de PRA, Parti du renouveau algérien) se
sont ouvertement réclamé de sa pensée. Bennabi a toujours joui
d’une sorte d’aura. Certains étaient persuadés de la portée de sa
vision et de sa pensée, notamment sur la société musulmane.
●
Mais dans votre livre, il est dépeint comme un opportuniste
voulant se construire un destin…
Effectivement, c’est ce que j’écris. Bennabi a tout fait pour
monter dans le train de l’histoire algérienne, mais les
responsables de l’époque n’en voulaient pas. Il leur avait paru
suspect. Bennabi était persuadé d’avoir un grand destin.
D’ailleurs, contrairement aux authentiques intellectuels
engagés, Bennabi était un intellectuel sans attache avec le
Mouvement national. Il a toujours préféré s’épuiser à fustiger
hargneusement ses frères, qu’il traitait par dérision de
«zaïmillons» et d’«intellectomanes». En réalité, Bennabi est
resté trop longtemps en dehors du jeu et a préféré, pour se faire
remarquer, l’invective rageuse.
●
Comment expliquez-vous la haine que Bennabi avait à
l’encontre de Abane Ramdane ?
C’est la réaction d’un homme aigri à qui l’on a refusé de jouer
un rôle majeur lors de la Révolution algérienne et qui, pour se
venger, s’en est pris à Abane. En réalité, Malek Bennabi a d’abord
reproché au docteur Lamine Debaghine, chef de la Délégation
extérieure du FLN au Caire, d’avoir refusé ses services. Il lui
vouera une rancune et une aversion tenaces. Après cela, il s’est
attaqué à Abane car c’était lui qui avait dépêché Lamine
Debaghine au Caire pour chapeauter les délégués extérieurs.
●
Que reste-t-il de la pensée de Bennabi ?
Je ne saurais dire. A son retour en Algérie après
l’indépendance, il n’a pas eu les honneurs qu’il imaginait
mériter. On l’a casé d’abord comme recteur de l’Université
d’Alger puis comme directeur de l’enseignement supérieur,
jusqu’à son limogeage en 1967 par Ahmed Taleb El Ibrahimi.
Malek Bennabi est mort dans une indifférence générale et
totale, le 31 octobre 1973, à l’âge de 68 ans.
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